Bactérie Clostridium difficile : quelles recommandations ?

Son nom fait trembler tous les patients qui ont eu un jour ou l’autre croiser sa route : la bactérie Clostridium Difficile. Diarrhées sanglantes, douleurs abdominales aigues, perte de poids rapide, fatigue importante… l’infection au Clostridium Difficile provoque plusieurs symptômes grave qui nécessitent une intervention médicale rapide. Aujourd’hui, je vous partage mon histoire : ce que j’ai appris sur cette bactérie redoutable et comment elle peut déclencher un véritable tsunami intestinal !
clostridium difficile la rochelle

De l’antibiothérapie à l’infection au Clostridium Difficile

A l’été 2023, je prenais un simple traitement antibiotique pour une infection banale : une simple otite à l’oreille gauche. En prévention, mon médecin m’avait prescrit des probiotiques.

Quelques jours après l’arrêt des antibiotiques, j’ai commencé à avoir des diarrhées intenses, des douleurs abdominales, une perte de poids brutale et une énorme fatigue. 

Peu importe l’aliment ingéré, les diarrhées continuaient de plus en plus nombreuses et douloureuses. 

Après 10 jours à souffrir le martyre, une coproculture (une analyse des selles) permit de diagnostiquer une infection à la bactérie Clostridium difficile.

Clostridium difficile : une bactérie opportuniste et redoutable

Le Clostridium difficile (ou C. difficile) est une bactérie anaérobie à Gram positif. Elle est capable de former des spores résistantes qui survivent longtemps dans l’environnement hospitalier et dans notre tube digestif, quand le microbiote est affaibli par une prise d’antibiotiques par exemple, dans mon cas. 

📌 En quelques chiffres clés, l’infection à Clostridium Difficile est :

  • responsable de 15 à 25 % des diarrhées post-antibiotiques.
  • impliquée dans plus de 95 % des cas de colites pseudomembraneuses.
  • une cause fréquente de diarrhées nosocomiales (contractées à l’hôpital).

Comment se développe une infection à Clostridium difficile ?

L’infection survient généralement après une antibiothérapie, car les antibiotiques perturbent profondément le microbiote intestinal. Résultat : la flore protectrice est affaiblie, et la bactérie Clostridium difficile en profite pour s’installer, se multiplier et libérer ses toxines très délétères A et B.

Ces toxines sont hautement inflammatoires : elles attaquent les cellules épithéliales du côlon, provoquant des lésions, une inflammation intense, et parfois des complications graves comme un méga côlon toxique ou une perforation colique.

Point important : l’objectif de cet article n’est vraiment pas de vous faire peur sur l’antibiothérapie qui est parfois nécessaire en cas d’infection bactérienne et sauve même des vies dans certains cas. Il est néanmoins important de rappeler que les antibiotiques doivent être pris sous contrôle médical, ne prenez jamais un quelconque médicament sans l’avis de votre médecin.

En revanche, il est utile de peser la balance avec votre médecin sur les risques d’une antibiothérapie notamment pour les personnes souffrant déjà de troubles digestifs avec potentiellement déjà une dysbiose c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote. N’hésitez pas à lui en parler.

Les antibiotiques ne sont pas des médicaments anodins, ils affaiblissent le microbiote même avec des probiotiques pris en prévention.

Les symptômes d’une infection à Clostridium difficile

Les signes d’une infection au Clostridium Difficile varient selon la gravité, mais voici les plus courants :

  • Diarrhées fréquentes, aqueuses, parfois glaireuses ou sanglantes
  • Douleurs abdominales importantes
  • Perte de poids rapide
  • Fièvre, fatigue, déshydratation
  • Apparition des symptômes souvent pendant ou après une antibiothérapie
 

Dans les cas graves, on peut observer une colite pseudomembraneuse, une forme inflammatoire sévère du côlon.

Comment confirmer le diagnostic d’une infection à Clostridium difficile ?

Plusieurs examens peuvent confirmer une infection à Clostridium difficile :

  • Coproculture avec recherche des toxines A et B
  • Analyse de sang : hyperleucocytose, hypoalbuminémie, élévation de la CRP ou du lactate
  • Parfois, une rectoscopie et/ou une coloscopie peuvent montrer les lésions inflammatoires du côlon

Les traitements classiques de l’infection au Clostridium Difficile

Le traitement médical repose généralement sur :

  • Métronidazole ou vancomycine orale
  • En cas de récidive : fidaxomicine
  • En cas d’échec ou d’infection multi-récidivante la transplantation de microbiote fécal (TMF) peut alors être préconisée

Malgré l’efficacité initiale du traitement, jusqu’à 30 % des patients rechutent, d’où l’importance d’un travail de fond en parallèle pour rééquilibrer le microbiote et prévenir les récidives avec l’hygiène de vie, l’alimentation, l’aromathérapie etc… C’est d’ailleurs ici que la Naturopathie a toute sa place 😉.

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Mon expérience : après Clostridium Difficile, le diagnostic de ma rectocolite hémorragique (RCH)

Dans mon cas, l’infection à Clostridium difficile a joué un rôle de déclencheur. Une fois guérie avec un antibiotique sélectif, les symptômes digestifs ont persisté : douleurs abdominales, diarrhées sanglantes et une fatigue chronique. Après plusieurs examens avec mon gastro-entérologue, on m’a diagnostiqué une rectocolite hémorragique (RCH), une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI).

C’est ce parcours qui m’a amenée à me former en naturopathie spécialisée dans les troubles digestifs et le microbiote, pour mieux comprendre et accompagner celles et ceux qui vivent des histoires similaires.

Ce que j’aurais aimé savoir plus tôt suite à mon expérience avec le Clostridium Difficile

  • Les antibiotiques ne sont jamais anodins, surtout pour nos intestins et notre microbiote
  • Le microbiote est un organe à part entière dans notre corps. Il faut le protéger car comme la nature, il peut être fragile. C’est un écosystème subtilement équilibré dont il faut prendre soin au quotidien à travers son hygiène de vie et son alimentation

Conclusion sur mon parcours avec Clostridium Difficile : et aujourd’hui ?

Je n’ai jamais eu de récidive d’infection au Clostridium Difficile et j’apprends jour après jour à vivre avec ma RCH. Je prends soin de mon microbiote et de mes intestins grâce à mon hygiène de vie, une alimentation riche en fibres, en macro et micro-nutriments et un suivi régulier avec mon gastro-entérologue. 

Mon objectif : aider les autres à ne pas se sentir seuls face à ce type de tsunami digestif ! 

Si vous avez eu récemment une infection au Clostridium Difficile, un accompagnement en Naturopathie est possible pour prendre des bonnes habitudes alimentaires saines pour retrouver des intestins en pleine santé, soutenir son microbiote, gagner en  énergie, aider à réduire l’inflammation intestinale et réussir à contrôler son niveau de stress quotidien. 

Si vous vivez avec des troubles digestifs, discutons ensemble lors d’un Appel découverte de 15 min et voyons le plan d’actions que nous pouvons mettre en place. 

Cet article est à portée informative et ne se substitue pas aux conseils d’un professionnel de la santé.